24 février
Je me lève après un nuit blanche. Il est 5h30 et on se prépare pour notre premier col. Je raconte ma nuit à Rabin qui me conseille pour commencer de prendre de l'aspirine (cela fluidifie le sang et aide contre le mal de l'altitude). Je m'exécute car je sais que le Diamox (LE médicament contre ce mal n'est pas super bon pour la santé en général) et je préfère commencer progressivement.
Le petit déjeuner est servi ; je me force à la manger, je n'ai plus d'appétit. On part de suite après pour 6 heures de montée. Le soleil n'est pas levé. La montagne est tellement calme : pas de vent, pas de bruit. Le jour se lève petit à petit et les premiers aigles commencent à tourner autour très haut dans le ciel.
| Les couleurs sont froides vous trouvez ? et ben y a pas que les couleurs !! |
| Yesssss, enfin du soleil |
| D'autres n'ont pas fini le trek...hihi |
| Tout va bien....on marche depuis 4 heures...et on n'a pas encore fait le plus dur |
En bas, sur terre, Rabin et moi montons. La première heure est particulièrement difficile, ça monte bien puis le rythme d'ascension se calme même si mes jambes sentent bien que ça continue à monter. Ma respiration est difficile, je fais de nombreuses pauses mais étonnamment, je ne sens pas vraiment la fatigue avec ce bon air frai. On atteint finalement un lac d'altitude complètement gelé qui se trouve juste en bas du col.
| Le col est en vue...oui oui, tout la haut à 5 360m. Au moment de cette photo, on doit être à env. 5000m avec sur notre gauche un lac gelé |
Au loin, on distingue le col, 400 ou 500 m plus haut. On distingue également le chemin pour y monter….pas une partie de plaisir. De ce côté de la montagne le soleil arrive tout doucettement et si on veut se réchauffer, il faut monter pour quitter l'ombre. Et après presque 4 heures de monter, la fin de l'ascension me demande de puiser dans mes ressources.
On y va. Ca monte dur et il faut lever les hauts les pieds car le chemin est organisé avec des grosses pierres en escalier. Chaque pas demande un vrai effort, chaque dix pas demandent une pause. A chaque pas, je ne monte pas que mon propre corps mais aussi le sac à dos (c'est le sac de Rabin car il est moins lourd et vu ma nuit, Rabin m'a proposé de m'aider en échangeant les sacs). Je m'aide de mes mains pour me hisser et pour assurer ma stabilité car la chute n'est pas une option à considérer. A 10cm de mon pied se trouve 300m de vide directement dans la lac. Je suis super content de mes chaussures, je ne pensais pas me rendre compte à quel point elle me procure une important stabilité à chaque pas…et elle protège également bien ma cheville.
| Le chemin que l'on vient de parcourir ce matin ! |
| Toutes les 5-10 minutes, une pause pour respirer |
| Mais ça n'en finira jamais ?? |
Youpiiiiiii ! On est en haut. Le soleil est là, on chauffe, nous nous couchons par terre pour respirer, récupérer et restons là haut 15 minutes (max car cela fait 6 h qu'on monte, la marche est encore longue et on doit arriver avant la nuit !). 15 minutes que je savoure comme une éternité. 5350 m, c'est un exploit personnel et la vue sur la chaine de l'Himalaya avec au milieu l'Everest est fantastique. Plus bas on distingue la vallée de Gokyo, son lac gelé, son glacier. Epuisé mais content, je me prépare psychologiquement pour la descente, pensant que ce serait plus facile…
| Monsieur Everest en vue :-) |
| Même s'il faut continuer d'avancer, un regarde un peu ce que l'on a fait ! |
| Vous voyez le village au bord du lac (en bas à gauche)...c'est notre destination 565m plus bas |
| Pour moi, celle là, c'est photo collector :-) |
Et bien NON, la descente est loin d'être plus facile et durera environ 4h30. Nous commencerons par descendre dans 50cm de neige…ouch…en faisant nos propres traces. C'est super fun au début, mais après deux heures dans la neige, c'est épuisant. On s'enfonce, on glisse, chaque pas est une "surprise".
| Difficile de progresser dans ces conditions ! Mais c'est super marrant au début :-) |
Bien qu'on avance, je n'en vois pas la fin. A chaque fois que la vue se dégage, c'est pour découvrir un paysage, superbe au demeurant, mais sans village. Mes forces s'amenuisent, mon moral également et après la neige, on enchaine par la descente d'un gigantesque pierrier. Ce coup-ci, chaque pas se transforme en glissage plus ou moins contrôlée, je remercie mes chaussures de s'occuper si bien des mes chevilles. Le pierrier m'a tué j'aurais pu écrire sur un mur car il m'a épuisé. A la sortie du pierrier, c'est de grande étendues de glace, en descente, qui se trouvaient sur notre passage. Donc entre deux zones au sol stable, il nous fallait traversé des zones blanches en choisissant les parties de neige et surtout, en évitant comme la peste la glace. En effet, un pas sur la glace et zouuuu, un aller direct pour "en bas" et le paradis, ou l'enfer…au choix. C'est grâce à l'adrénaline que je suis passé, dans les traces de Rabin et je pense que c'est grâce à cette même adrénaline que je suis arrivé en bas.
Après la neige, les pierriers, la glace, 600 mètres de dénivelé négatif et 4h00 de descente, le chemin devient plus facile, il longe le lac de Gokyo et, soulagement, je vois le village de Gokyo, posé au bord du lac à 4790m.
Au village, on trouve un lodge, on s'installe dans la chambre et…on se couche pour 2 heures. Il n'y avait rien d'autre à faire. Je ne pouvais rien faire d'autre que dormir. Je me suis néanmoins endormi avec un sourire : je l'ai fait !
Le mal de l'altitude s'est calmé. J'ai eu mal à la tête, surtout quand je m'arrêterais mais c'était raisonnable.
Après la sieste, on part manger. J'ai pas faim…même après tout ces efforts, pas faim du tout. Je commande un Dal Bath (plat traditionnel Népalais à base de riz, d'une soupe de lentille et de quelques légumes). C'était le plat le plus énergétique mais ce fut une grosse erreur. Après la nuit blanche de la veille, rebelote. Ce coup-ci mon coeur bat normalement mais mon ventre me fait souffrir et je ne cesse de faire des allers/retours aux toilettes. C'est la totale (je vous passe les détails), et le truc le plus cocasse est qu'il fait tellement froid que tout gèle immédiatement en arrivant sur les toilettes….va-t-en nettoyer après….
Bref : une nuit de merde.
Bref : une nuit de merde.
La suite, c'est pour bientôt !
Bises
Fab
Jour 6
Départ : Lungdhen - 4 380 m
Départ : Lungdhen - 4 380 m
Arrivée : Gokyo - 4 795 m
Col de Renjo La
Altitude max : 5 360 m
Dénivelé positif : 980 m ... ouch
Dénivelé négatif : 565 m
Temps de marche : 9h30
-------------------- En pratique -----------------
C'était le 24 février 2012
Pour les photos, c'est ici :
C'était le 24 février 2012
Pour les photos, c'est ici :
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| 24 fév - Renjo La Pass 5360m |
En Grec !
2 commentaires:
Quand on voit les photos, ça a l'air d'une belle randonnée mais ton récit décrit bien la difficulté de ce trek. Je suis impressionné !!!
nyxta me diaria :P
apapapapapa
Fabiene mou.....eisai trelos!
gia auto mou areseis :)
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